Guinée:La France, vraiment à l’origine ou “complice” de nos maux et malheurs? (Marouane)

Guinée:La France, vraiment à l’origine ou “complice” de nos maux et malheurs? (Marouane)

Serait-elle détestable cette France, au point de susciter de l’aversion, d’être indexée comme une fausse amie et la véritable ennemie, d’être répudiée au profit de mercenaires venus du pays de Poutine et Raspoutine, de se voir même – c’est le comble -, accusée en certains endroits de pactiser avec les terroristes ?En observant un silence, que d’aucuns ont vite fait de qualifier de coupable, face aux tourments que vivent des anciennes colonies, serait-elle effectivement pour quelque chose dans nos drames et malheurs ?Sur le continent africain, en tous les cas, ils sont de plus en plus nombreux ceux qui en sont convaincus. Les Maliens, eux, ont décidé de ne plus faire dans l’hypocrisie. Ni dans la dentelle. Sans atermoiements, les autorités de la junte au pouvoir ont décidé de couper le cordon ombilical avec l’ancienne métropole. Ce pays, malgré ses problèmes internes, s’en porte plutôt bien aujourd’hui. Assimi Goïta, célébré en héros dans son pays, a compris et vite mis sur la sellette la France et cette françafrique qui, assurément, semble elle aussi être éternelle. Un constat reste établi : on a vu et l’on voit encore la France tirer les ficelles derrière des marionnettes qu’elle a contribué à placer au sommet de certains pays, soutenir des dictateurs et mettre des bâtons dans les roues de pouvoirs pourtant légitimes et légaux, juste pour des questions de géostratégie, et surtout pour des intérêts économiques à engranger ou à préserver.En Guinée, en cette phase cruciale, ultrasensible, les dits, les faits et gestes de l’Elysée sont scrutés à la loupe. Tout se dit, se raconte sur la position supposée de Paris en faveur ou non des différents acteurs sur le terrain. Même si officiellement, elle semble vouloir cacher son jeu jusqu’à la dernière minute, en observant un silence difficile à sonder. Mais, il y en a qui pensent avoir senti la présence de l’anguille sous la roche, et invoquent volontiers l’adage selon lequel, « qui ne dit mot, consent ».Soit la France se fiche pas mal de ce qui se passe (ce qui est peu probable) ; soit elle évalue les forces en place, étudie le terrain pour faire son choix et agir selon ses intérêts au moment opportun.Une posture, il est vrai, qui n’a rien d’original et que ne renierait certainement pas Jacques Foccart, s’il était encore de ce monde. Ou même, le Général De Gaule à qui l’on doit la belle formule : “les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts !”.En attendant d’y voir clair, ce silence de la France sur la Guinée pose d’énormes inquiétudes.